Les soft skills, un enjeu d’avenir ?

Évolution du travail, intelligence artificielle et apprentissage continu : découvrez pourquoi les soft skills sont un enjeu d’avenir et comment préparer les compétences de vos équipes.
Les soft skills, un enjeu d’avenir ?
Apprendre à communiquer, gérer les conflits, s’adapter, mobiliser son esprit critique, apprendre à apprendre… Ce sont ces compétences transversales qui distinguent les organisations qui fonctionnent bien et les personnes qui réussissent à piloter leur carrière.
SOMMAIRE
Les soft skills dans l'éducation
Le terme "soft skills" a commencé à gagner en popularité dans les années 1970 et 1980, à mesure que les entreprises reconnaissaient l'importance des compétences sociales et émotionnelles [consulter l’article sur l’histoire des soft skills]. À cette époque, les compétences techniques - également appelées "hard skills" - étaient considérées comme essentielles. Mais il devenait de plus en plus évident que les soft skills (appelons-les également "compétences transversales") étaient tout aussi importantes.
Avec l'évolution des environnements de travail, la montée en puissance de l'automatisation et de la technologie, ainsi que l'importance croissante des interactions humaines, les compétences transversales ont pris de plus en plus d'importance dans le monde de l’entreprise et dans l’éducation.
En 2018, le cours « Psychology and the Good Life », enseigné par Laurie Santos, devient le cours le plus suivi de l’histoire de Yale. Il s’intéresse aux recherches sur le bien-être et aux pratiques permettant de les appliquer dans la vie quotidienne.
En France, le Ministère de l’enseignement supérieur a lancé le projet "C2 pour l'emploi", en partenariat avec AUNEGE. Il a pour objectif de donner aux étudiants, comme aux responsables de formation et enseignants, des ressources et des outils libres d'accès pour découvrir, développer ou acquérir des compétences comportementales transversales à toutes les disciplines. Il considère que l'écoute, l'empathie, l'adaptabilité, la créativité, le travail en équipe et la gestion de conflits sont des compétences « essentielles pour trouver un emploi et de plus en plus discriminantes pour les candidats ».

Pour préciser les notions utilisées ici, les repères sur les soft skills stratégiques permettent de les définir, de les identifier et de choisir celles à développer.
ONU : des compétences adaptées au marché du travail
L’Organisation des Nations-Unis identifie 17 enjeux majeurs pour l’avenir, qu’elle qualifie d’Objectifs de Développement Durable (ODD). Ces ODD sont un appel universel à l'action pour mettre fin à la pauvreté, protéger la planète et garantir que tous les êtres humains jouissent de la paix et de la prospérité, d'ici 2030. Programme ambitieux et inspirant.
L’objectif 8 porte sur le travail décent et la croissance économique. L’objectif 4, consacré à l’éducation, comprend une cible sur le développement des compétences utiles à l’emploi, au travail décent et à l’entrepreneuriat. Ces objectifs donnent une place à la formation tout au long de la vie et à l’accès aux apprentissages.
Les compétences que les employeurs jugent essentielles
Dans son rapport sur l’avenir de l’emploi publié en 2025, le Forum économique mondial interroge les employeurs sur les compétences nécessaires à leurs activités. La pensée analytique arrive en tête, suivie de la résilience, de la flexibilité et de l’agilité, puis du leadership et de l’influence sociale. La créativité, l’empathie, l’écoute active et l’apprentissage continu figurent également parmi les compétences importantes.
Pour une entreprise, ces repères invitent à examiner les situations dans lesquelles les équipes doivent progresser : analyser un problème, coopérer entre métiers, expliquer une décision ou apprendre à utiliser un nouvel outil.

La communication, la collaboration, la créativité et la pensée critique sont examinées dans les quatre compétences transversales, pour relier ces enjeux au travail des équipes.
France stratégie : les soft skills pour transformer les organisations
Les soft skills pour innover et transformer les organisations. C’est le rapport au titre ambitieux et assez éloquent publié par France Stratégie, l’organisme d’expertise et d’analyse prospective sur les grands sujets sociaux, économiques et environnementaux, auprès du Premier Ministre.
Je vous livre un extrait qui raconte toute l’importance accordée au développement des soft skills :
« L’incertitude, la complexité et l’ambiguïté sont au cœur des sociétés modernes [voir notre article le repère VUCA. Les transformations s’accélèrent et représentent un défi incontournable pour toutes les organisations, publiques comme privées. La solution est souvent recherchée à travers les outils, les processus et les organigrammes, alors qu’il s’agit avant tout d’une démarche collective de femmes et d’hommes. […]
Ainsi, une meilleure compréhension de l’innovation et de la transformation dans les organisations nécessite, d’une part, de saisir les caractéristiques individuelles, collectives et environnementales des acteurs qui y contribuent et, d’autre part, de comprendre quelles sont les compétences spécifiques des innovateurs. Or, un grand nombre d’entre elles ne relèvent pas de la technique ou du métier mais sont de nature socio-comportementale.
L’objectif de l’étude est de comprendre lesquelles de ces compétences transversales, ou soft skills, sont mobilisées par ces hommes et ces femmes afin d’innover et de conduire la transformation de leurs organisations. Former les femmes et les hommes, nos talents, à savoir reconnaître et développer leurs soft skills, engager et préparer les équipes à être moteurs de la transformation et de l’innovation sont des enjeux majeurs, car vecteurs de croissance, de compétitivité et d’emploi. Il s’agit de faire encore progresser la France dans l’économie de la connaissance. »
Vers une « économie du sentiment »
En 2019, Ming-Hui Huang, Roland Rust et Vojislav Maksimovic proposent le concept de Feeling Economy. Ils analysent une évolution du travail dans laquelle l’intelligence artificielle prend en charge davantage de tâches d’analyse, tandis que les dimensions relationnelles et émotionnelles occupent une place croissante dans l’activité humaine.
Pour le management, cette perspective invite à développer la qualité des interactions : comprendre une demande, écouter une difficulté, traiter un désaccord et construire la confiance. Ces compétences s’exercent dans des situations précises, au contact des collègues, des clients et des partenaires.
Des métiers qui évoluent, des compétences à entretenir
Les employeurs interrogés dans le rapport 2025 du Forum économique mondial anticipent qu’environ 39 % des compétences clés des travailleurs évolueront d’ici 2030.
Pour préparer ces évolutions, une organisation peut partir de son activité : quelles tâches changent ? Quels outils arrivent ? Quelles coopérations deviennent nécessaires ? Les réponses permettent de choisir les apprentissages utiles et de leur donner une place dans le travail.
Former, expérimenter et partager les retours d’expérience devient alors une démarche continue. Les compétences techniques et transversales se développent ensemble, à partir des besoins rencontrés.
Trajectoires Académie : développez vos compétences en autonomie
Progressez à votre rythme sur des compétences directement mobilisables dans votre activité. Les parcours Trajectoires Académie associent des vidéos ou podcasts courts, des supports écrits, des exercices, des guides pratiques et des outils pour passer de la compréhension à l’action.


