Stress et activité physique

L’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) qualifie les Ă©pisodes dĂ©pressifs et anxieux de vĂ©ritable pandĂ©mie mondiale, touchant des millions de personnes Ă  travers le globe. Ces troubles mentaux sont frĂ©quemment associĂ©s Ă  un stress rĂ©gulier ou chronique, qu’il soit d’origine personnelle ou professionnelle.

La santĂ© mentale est devenue un enjeu majeur de santĂ© publique, impactant non seulement notre qualitĂ© de vie individuelle, mais aussi la performance et la stabilitĂ© des organisations. Face Ă  ce dĂ©fi, une solution accessible et efficace existe : l’activitĂ© physique.

L’expression latine « Mens sana in corpore sano« , signifiant « un esprit sain dans un corps sain », capturait dĂ©jĂ  l’essence d’une approche Ă©quilibrĂ©e pour le bien-ĂȘtre global.

Stress et activité physique

Le stress et les maladies non transmissibles

Le stress, qu’il soit aigu ou chronique, a des rĂ©percussions significatives sur notre santĂ© globale. Bien que le stress Ă  court terme puisse ĂȘtre bĂ©nĂ©fique en nous prĂ©parant Ă  rĂ©agir face Ă  des dĂ©fis, un stress prolongĂ© ou mal gĂ©rĂ© peut entraĂźner de graves consĂ©quences pour notre santĂ© physique et mentale. Ce phĂ©nomĂšne est Ă©troitement liĂ© Ă  l’augmentation des maladies non transmissibles (MNT), telles que les maladies cardiovasculaires, le diabĂšte, et certaines formes de cancer.

Lorsque nous sommes stressĂ©s, notre corps libĂšre du cortisol, une hormone produite par les glandes surrĂ©nales. Le cortisol joue plusieurs rĂŽles essentiels au bon fonctionnement de notre organisme : il rĂ©gule le mĂ©tabolisme, rĂ©duit l’inflammation et aide Ă  contrĂŽler le cycle veille-sommeil. Cependant, une libĂ©ration excessive et prolongĂ©e de cortisol peut avoir des effets nĂ©fastes.

En effet, une libĂ©ration constante de cortisol provoque une augmentation persistante de la pression artĂ©rielle, ce qui contribue Ă  l’hypertension. L’hypertension est un facteur de risque important pour les maladies cardiovasculaires (les crises cardiaques et les accidents vasculaires cĂ©rĂ©braux).

Le cortisol a un effet immunosuppresseur. Une exposition prolongĂ©e Ă  des niveaux Ă©levĂ©s de cortisol affaiblit le systĂšme immunitaire. L’organisme devient plus vulnĂ©rable aux infections et retarde la guĂ©rison des maladies.

Le cortisol perturbe la rĂ©gulation de la glycĂ©mie et augmente la rĂ©sistance Ă  l’insuline. Ce qui aggrave le diabĂšte de type 2 et les maladies inflammatoires.

Stress, anxiété et dépression

Un stress prolongĂ© ou chronique perturbe l’Ă©quilibre biochimique du cerveau et du corps, conduisant Ă  des troubles mentaux tels que l’anxiĂ©tĂ© et la dĂ©pression.

  • Des niveaux Ă©levĂ©s et prolongĂ©s de cortisol sont neurotoxiques, particuliĂšrement pour l’hippocampe et le cortex prĂ©frontal, qui ont en charge la rĂ©gulation de l’humeur et des Ă©motions.
  • Le cortisol inhibe Ă©galement la neurogenĂšse (le processus par lequel de nouveaux neurones sont formĂ©s dans le cerveau), en particulier dans l’hippocampe, compromettant ainsi la capacitĂ© de cette rĂ©gion Ă  se rĂ©gĂ©nĂ©rer et Ă  maintenir des fonctions cognitives saines.
  • Le cortisol, en excĂšs chronique, entraĂźne une atrophie de l’hippocampe, rĂ©duisant ainsi sa taille et sa fonctionnalitĂ©. Cela se traduit par une diminution de la capacitĂ© Ă  former de nouveaux souvenirs et Ă  accĂ©der aux anciens.
  • Le stress chronique peut Ă©galement diminuer la production de la sĂ©rotonine, un neurotransmetteur clĂ© dans la rĂ©gulation de l’humeur, du sommeil et de l’appĂ©tit. En effet, la diminution de la sĂ©rotonine affecte la densitĂ© et la sensibilitĂ© des rĂ©cepteurs de la sĂ©rotonine, et contribue ainsi aux symptĂŽmes de la dĂ©pression et de l’anxiĂ©tĂ©.
  • Le stress prolongĂ© rĂ©duit les niveaux de dopamine, ce qui affecte la motivation, le plaisir et les fonctions exĂ©cutives.
  • Le stress chronique augmente l’activitĂ© de la noradrĂ©naline. Or, une libĂ©ration prolongĂ©e de noradrĂ©naline peut mener Ă  un Ă©puisement des rĂ©serves de noradrĂ©naline, exacerbant les sentiments de fatigue et de dĂ©sespoir associĂ©s Ă  la dĂ©pression.
  • Le stress chronique stimule la libĂ©ration de cytokines pro-inflammatoires. Ils provoquent une inflammation neuronale, altĂšrent les circuits cĂ©rĂ©braux impliquĂ©s dans la rĂ©gulation de l’humeur et perturbent les rĂ©seaux neuronaux en charge de la rĂ©gulation Ă©motionnelle.
  • Le stress chronique augmente la production de radicaux libres qui oxydent les cellules neuronales et contribuent Ă  une fatigue mentale et physique.

Le stress prolongĂ© mĂšme Ă  des troubles mentaux tels que l’anxiĂ©tĂ© et la dĂ©pression par divers mĂ©canismes biochimiques et physiologiques que nous ne maĂźtrisons pas et dont, la plupart du temps, nous n’avons pas conscience.
Quelles sont les stratégies de remédiation ? Comment atténuer ces effets ?

Liste des bienfaits par l’OMS

L’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) est l’institution spĂ©cialisĂ©e de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour la santĂ© publique créée en 1948. L’une de ses principales missions est de prĂ©server la santĂ© des personnes, quelles que soient leur situation et leur Ăąge.

L’OMS a listĂ© les nombreux bienfaits d’une activitĂ© physique rĂ©guliĂšre :

  • procure des bienfaits importants pour la santĂ© physique et mentale,
  • contribue Ă  la prĂ©vention et Ă  la prise en charge de maladies non transmissibles telles que les maladies cardiovasculaires, le cancer et le diabĂšte,
  • rĂ©duit les symptĂŽmes de dĂ©pression et d’anxiĂ©tĂ©,
  • amĂ©liore la santĂ© du cerveau ,
  • accroĂźt le bien-ĂȘtre gĂ©nĂ©ral,
  • amĂ©liore le sommeil,
  • prĂ©vient une baisse des fonctions cognitives,
  • amĂ©liore l’endurance cardio-respiratoire, la forme musculaire et l’état osseux ,
  • assure un Ă©quilibre Ă©nergĂ©tique qui permet de maintenir un poids stable.

Et pourtant :

  • 31 % des adultes ne pratiquent pas une activitĂ© physique aux niveaux recommandĂ©s.
  • À l’échelle mondiale, l’inactivitĂ© physique devrait coĂ»ter environ 300 milliards USD (soit quelque 27 milliards USD par an) aux systĂšmes de santĂ© publics sur la pĂ©riode 2020-2030, si l’on ne parvient pas Ă  la rĂ©duire. C’est un vrai enjeu de santĂ© public.

Vous pouvez consulter les recommandations de l’OMS Ă  partir de ce lien.

L’activitĂ© physique comme antidote au stress

L’activitĂ© physique permet de diminuer considĂ©rablement les impacts nĂ©gatifs du stress sur notre corps et notre mental.

Une activitĂ© aĂ©robie modĂ©rĂ©e Ă  intense, comme la course, le vĂ©lo ou la natation, aide Ă  rĂ©duire les niveaux de cortisol dans le corps et amĂ©liore les symptĂŽmes de l’anxiĂ©tĂ© et de la dĂ©pression. Relisez la partie “Stress, anxiĂ©tĂ© et dĂ©pression” ci-dessus pour Ă©valuer tous les symptĂŽmes que vous Ă©viterez avec un niveau de cortisol rĂ©gulĂ© par une activitĂ© physique.

L’exercice stimule la production d’endorphines. Ces neurotransmetteurs agissent comme des analgĂ©siques naturels et procurent une sensation de bien-ĂȘtre.

La pratique rĂ©guliĂšre du sport augmente Ă©galement les niveaux de dopamine, ce qui amĂ©liore l’humeur et la motivation.

L’activitĂ© physique amĂ©liore la qualitĂ© du sommeil. Et un sommeil de meilleure qualitĂ© permet une rĂ©cupĂ©ration physique et mentale plus efficace.

Nous sous-estimons gĂ©nĂ©ralement l’impact d’une activitĂ© physique sur notre qualitĂ© de vie au global.
Pourtant une activitĂ© physique rĂ©guliĂšre offre une multitude de bĂ©nĂ©fices pour notre santĂ© physique et mentale. En intĂ©grant diffĂ©rents types d’exercices (aĂ©robies, de rĂ©sistance, de flexibilitĂ© et d’Ă©quilibre) dans une routine hebdomadaire, nous avons le pouvoir d’amĂ©liorer notre condition physique, de rĂ©duire le risque de maladies chroniques, d’amĂ©liorer notre bien-ĂȘtre mental et de prolonger notre espĂ©rance de vie.
Les preuves scientifiques sont claires : le sport est l’ingrĂ©dient essentiel d’une vie Ă©panouie.

Les recommandations générales des organisations de santé publique

Les principales organisations de santĂ© publique, telles que l’Organisation Mondiale de la SantĂ© (OMS), les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et le MinistĂšre des Sports en France, ont Ă©tabli des recommandations claires pour les adultes en matiĂšre d’activitĂ© physique afin de maintenir une bonne santĂ©.

Pour en retirer des bĂ©nĂ©fices substantiels sur le plan de la santĂ© physique et mentale, les adultes devraient pratiquer chaque semaine au moins 150 Ă  300 minutes d’activitĂ© physique aĂ©robique d’intensitĂ© modĂ©rĂ©e ou au moins 75 Ă  150 minutes d’activitĂ© physique aĂ©robique d’intensitĂ© soutenue ou une combinaison Ă©quivalente d’activitĂ© physique d’intensitĂ© modĂ©rĂ©e et soutenue.

Exemple d’un programme hebdomadaire

  • Au moins 30 min. de marche rapide (qui accĂ©lĂšre sensiblement la frĂ©quence cardiaque), au moins 5 jours par semaine.

OU

  • Au moins 25 minutes de course (ou toute autre forme d’exercice physique pendant laquelle le souffle se raccourcit et la frĂ©quence cardiaque s’accĂ©lĂšre considĂ©rablement) au moins 3 jours par semaine.

ET

  • Au moins 20 minutes d’exercices de renforcement musculaire (travail contre rĂ©sistance) au moins 2 jours par semaine. Les exercices doivent impliquer les principaux groupes musculaires (jambes, hanches, dos, abdomen, poitrine, Ă©paules et bras). Le renforcement musculaire peut ĂȘtre fait le mĂȘme jour qu’une sĂ©ance d’aĂ©robie.

ET

  • Des Ă©tirements ou exercices de mobilitĂ© une fois par semaine. Il est recommandĂ© d’effectuer cette sĂ©ance Ă  distance des exercices de renforcement musculaire.

Il est prĂ©fĂ©rable de fractionner sa pratique sportive tout au long de la semaine plutĂŽt que de faire une grosse sĂ©ance par semaine. Cela permet de lutter contre la sĂ©dentaritĂ©, mais Ă©galement de libĂ©rer les endorphines, la dopamine et la sĂ©rotonine qui contribuent Ă  notre bien ĂȘtre.

Exemples d’activitĂ© modĂ©rĂ©e : Marche rapide, danse, jardinage, natation tranquille, vĂ©lo Ă  allure modĂ©rĂ©e.
Exemples d’activitĂ© intense : Course Ă  pied, natation rapide, vĂ©lo rapide, sports d’Ă©quipe (football, basket-ball).
Exemple d’exercices de renforcement musculaire : Pilates dynamique, musculation avec poids, exercices de rĂ©sistance au poids de corps, utilisation de bandes Ă©lastiques.
FlexibilitĂ© et Équilibre : Yoga, Pilates, Tai Chi, Ă©tirements dynamiques et statiques.



Si vous vous sentez stressĂ©, reconsidĂ©rez la pratique du sport dans votre quotidien. En rĂ©duisant les niveaux de cortisol, en stimulant la production d’endorphines et de dopamine, et en amĂ©liorant la qualitĂ© du sommeil et la santĂ© cardiovasculaire, l’activitĂ© physique aide Ă  combattre les effets nĂ©gatifs du stress chronique. C’est une stratĂ©gie gagnante pour garder un esprit sain dans un corps sain.

ll est important de préciser que les informations contenues dans cet article ne remplacent en aucun cas les conseils médicaux professionnels. Avant de commencer toute nouvelle activité physique, consultez toujours un professionnel de santé qualifié pour un avis médical personnalisé.

  • Comment Ă©valueriez-vous votre niveau de stress actuel sur une Ă©chelle de 1 Ă  10 ?
  • Pratiquez-vous rĂ©guliĂšrement une activitĂ© physique ? Si oui, quel type et Ă  quelle frĂ©quence ?
  • Comment vous sentez-vous gĂ©nĂ©ralement aprĂšs une sĂ©ance d’exercice ?
  • Avez-vous remarquĂ© une diffĂ©rence dans votre niveau de stress les jours oĂč vous faites de l’exercice par rapport aux jours oĂč vous n’en faites pas ?
  • Quels sont vos principaux objectifs en matiĂšre de santĂ© et de bien-ĂȘtre ? Comment pensez-vous que l’activitĂ© physique pourrait vous aider Ă  atteindre ces objectifs ?
  • Quelles sont les principaux obstacles qui vous empĂȘchent de pratiquer une activitĂ© physique rĂ©guliĂšrement ? Comment les surmonter ?
  • Comment pourriez-vous intĂ©grer ces activitĂ©s dans votre emploi du temps de maniĂšre rĂ©aliste ?


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