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Les 4 saisons professionnelles : dans quelle période êtes-vous ?

Saisons professionnelles

Comme les arbres, nous traversons des saisons professionnelles. Et chaque saison a sa sagesse.

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Lorsque vous dirigez une entreprise ou une équipe, ces variations peuvent être difficiles à accepter. Vous devez continuer à décider, à mobiliser et à répondre aux attentes, même lorsque votre propre rapport au travail évolue.

Les quatre saisons professionnelles proposent des repères pour comprendre ces périodes : le printemps de l’exploration, l’été du développement, l’automne du bilan et l’hiver du recul et de la récupération.

Reconnaître votre saison professionnelle permet de mieux comprendre vos besoins actuels et d’ajuster votre manière de vous engager.

Si cette période vous conduit à envisager une évolution de fonction, un départ ou une réorientation, le guide sur la transition professionnelle du dirigeant vous aide à examiner vos options et à préparer la suite.

Les 4 saisons professionnelles : comment reconnaître celle que vous traversez ?

Ces quatre saisons décrivent des expériences dans lesquelles vous pouvez vous reconnaître. Elles ne correspondent pas à des âges précis et ne suivent pas nécessairement un ordre régulier. Vous pouvez également vivre des saisons différentes selon vos activités.

Cette grille est un support de réflexion. Les recherches présentées ensuite apportent des éclairages sur les transitions professionnelles, sans valider un cycle universel en quatre saisons.

Le printemps professionnel : vous avez envie d’explorer et de commencer

Vous avez des idées, de la curiosité et l’envie d’essayer. Une possibilité professionnelle retient votre attention. Vous vous surprenez à imaginer un projet, un autre rôle ou une manière différente de travailler.

Lorsque vous prenez une nouvelle fonction, créez une activité ou acceptez de nouvelles responsabilités, vous pouvez retrouver cet intérêt pour la découverte. Votre expérience reste présente, mais vous avez aussi beaucoup à apprendre. Vous rencontrez de nouveaux interlocuteurs, posez des questions et testez vos premières idées.

Vous pouvez également vivre un printemps professionnel sans changer de poste. Un projet qui vous tient à cœur, une formation ou une nouvelle collaboration peut vous redonner envie de vous investir.

L’enthousiasme peut coexister avec le doute : vous avez envie d’avancer, sans encore savoir exactement comment vous y prendre.

Vous reconnaissez votre printemps à cette envie d’explorer et de commencer, alors que tout n’est pas encore défini.

L’été professionnel : vous êtes engagé et votre travail produit des résultats

Vous êtes pleinement investi dans votre activité. Vous avez davantage de repères, vos compétences trouvent à s’exprimer et vous constatez les effets de vos efforts. Vous pouvez éprouver de la satisfaction, de la confiance et un sentiment d’accomplissement.

Si vous dirigez une entreprise, cette période peut correspondre au développement de votre activité ou à l’aboutissement de projets importants. Si vous exercez une fonction de direction, vous pouvez vous sentir plus assuré dans vos décisions et constater que votre équipe travaille avec davantage d’autonomie.

Vous souhaitez poursuivre, approfondir et développer ce que vous avez engagé. Les difficultés existent, mais elles ne remettent pas constamment en question votre envie de continuer.

Cette période peut être intense : les sollicitations augmentent et les possibilités se multiplient. Votre satisfaction mérite alors de s’accompagner d’une attention au rythme que vous pouvez tenir.

Vous reconnaissez votre été à la combinaison de l’engagement, de la confiance et de résultats qui donnent du sens à vos efforts.

L’automne professionnel : vous ressentez le besoin de faire le bilan

Vous commencez à regarder votre activité avec davantage de recul. Vous mesurez ce que vous avez accompli, ce que vous avez appris et ce que cet engagement vous a demandé.

Certaines responsabilités vous intéressent toujours. D’autres vous conviennent moins. Vous pouvez vous demander si vous souhaitez poursuivre au même rythme, conserver le même rôle ou consacrer votre expérience à autre chose.

Ce questionnement peut apparaître après plusieurs années dans une fonction, à la fin d’un projet ou lorsque vos priorités personnelles évoluent. Vous pouvez avoir réussi et ressentir malgré tout le besoin de réexaminer la suite.

Pour un dirigeant, cela peut se traduire par une réflexion sur la transmission, la place de l’opérationnel ou la manière d’exercer ses responsabilités. Vous n’avez pas nécessairement décidé de changer. Vous cherchez d’abord à discerner ce qui mérite d’être poursuivi, modifié ou arrêté.

Vous reconnaissez votre automne au besoin de faire le tri dans vos engagements et de redéfinir ce qui compte pour la suite.

L’hiver professionnel : vous avez besoin de recul et de récupération

Vous ressentez moins l’envie de lancer de nouveaux projets. Vous avez besoin de calme, de repos ou de temps pour réfléchir sans devoir immédiatement transformer cette réflexion en décision.

Cette période peut suivre une activité particulièrement intense, la fin d’une mission ou un changement important. Vous pouvez aussi la traverser tout en restant en poste : vous continuez à assumer vos responsabilités, mais vous souhaitez limiter les sollicitations supplémentaires.

Il peut être inconfortable de ne pas avoir de prochain objectif clairement défini, surtout lorsque vous avez l’habitude d’être actif et de savoir où vous allez. Vous pouvez vous comparer à ceux qui entreprennent ou développent leur activité, alors que votre besoin actuel est de retrouver de la disponibilité.

Vous ne savez pas encore ce qui vous donnera envie de vous engager de nouveau. Cette incertitude peut demander du temps et des échanges, sans calendrier imposé.

Vous reconnaissez votre hiver au besoin de réduire l’intensité, de récupérer et de laisser une place à la réflexion.

Aucune de ces saisons ne suffit à définir votre situation. Leur intérêt est de vous aider à nommer ce que vous vivez, puis à examiner ce dont vous avez besoin dans vos conditions réelles de travail.

Pourquoi est-il normal de ne pas toujours se sentir en été ?

Lorsque vous êtes engagé, confiant et satisfait de vos résultats, vous pouvez avoir envie que cette période dure. L’été professionnel devient alors votre référence : vous attendez de vous-même la même énergie, la même disponibilité et la même envie d’avancer, quelles que soient les circonstances.

Dès que cet engagement change, vous pouvez vous inquiéter. Vous vous trouvez moins efficace, moins ambitieux ou moins décidé. Vous parlez d’une « mauvaise passe », en espérant retrouver rapidement votre fonctionnement habituel.

Pourtant, votre expérience, vos responsabilités et vos priorités évoluent. Avoir besoin de réfléchir, de ralentir ou de revoir vos engagements peut faire partie de cette évolution. Cet inconfort mérite d’être compris avant d’être jugé.

Votre engagement a besoin de temps de récupération

Après une période intense, vous pouvez ressentir de la lassitude et remettre en question votre envie de poursuivre. Avant d’y voir un besoin de changement, examinez la place que vous accordez à la récupération. Après des temps de repos, retrouvez-vous de l’intérêt pour votre activité ou le désir d’évolution reste-t-il présent ?

Pour approfondir : Récupération au travail : faut-il ralentir ou changer de voie ?

Reconnaître ce besoin de récupération peut vous conduire à revoir votre disponibilité, à limiter les nouveaux engagements ou à mieux partager les responsabilités.

Vos objectifs peuvent avoir besoin d’être réexaminés

Ce que vous souhaitiez il y a cinq ou dix ans peut avoir changé. Vous avez acquis de l’expérience, découvert les exigences d’une fonction ou pris conscience du temps que vous voulez consacrer à d’autres engagements.

Cette évolution peut être inconfortable lorsque vous avez beaucoup investi dans une direction. Reconsidérer un objectif peut vous donner le sentiment de perdre votre constance ou de remettre en cause vos choix passés.

Les recherches de Carsten Wrosch et de ses collègues montrent que les personnes capables de renoncer à un objectif devenu inaccessible et de s’investir dans de nouveaux projets déclarent un meilleur bien-être. Cela invite à reconnaître ce qui n’est plus possible pour choisir où consacrer ses efforts. Une difficulté passagère demande, elle, d’examiner les moyens de poursuivre. Wrosch et ses collègues, 2003.

Dans votre réflexion professionnelle, cela invite à examiner la pertinence et la faisabilité de vos engagements actuels. Vous pouvez reconnaître la valeur d’un choix passé tout en décidant qu’il doit évoluer.

Vous pouvez avoir besoin de chercher avant de savoir

En automne ou en hiver professionnel, vous pouvez sentir que quelque chose change sans savoir encore quelle suite lui donner. Cette incertitude est parfois particulièrement difficile à vivre lorsque votre fonction vous demande habituellement d’apporter des réponses.

Lorsque vous prenez de nouvelles responsabilités, vous apprenez progressivement à les exercer. Herminia Ibarra a étudié comment des professionnels s’adaptent à ces changements : ils observent d’autres personnes, essaient différentes façons de faire et ajustent leurs pratiques selon les retours reçus.

Vous pouvez donc construire votre manière de diriger en pratiquant, sans avoir toutes les réponses dès le départ. Ibarra, 1999, Administrative Science Quarterly.

Une application possible consiste à vous autoriser une période d’exploration : rencontrer des pairs, examiner une autre façon d’exercer, essayer un nouveau périmètre de responsabilités. Vous pouvez avancer dans votre réflexion sans disposer immédiatement d’un projet définitif.

Écouter votre saison pour comprendre ce qui demande votre attention

Accueillir ces périodes suppose de regarder ce que vous vivez avec précision. Votre besoin principal est-il de récupérer ? De retrouver de l’autonomie ? De faire le bilan ? D’apprendre ? De modifier votre rôle ?

Une période inconfortable peut signaler un décalage à examiner. Elle ne conduit pas nécessairement à un départ ou à une réorientation. Parfois, un changement de rythme, une clarification des responsabilités ou un espace de réflexion suffit à faire évoluer la situation.

Il faut également considérer les conditions concrètes de travail. Une surcharge durable, un conflit ou un manque de moyens demandent des réponses adaptées ; les qualifier de « saison » ne les résout pas.

Vous n’avez pas à vous imposer un été permanent. Vous pouvez reconnaître vos besoins actuels, prendre le temps de les comprendre et ajuster vos engagements en conséquence.

Comment réagir à chaque saison professionnelle ?

Au printemps, donner un cadre à votre exploration

Choisissez une idée à approfondir ou une possibilité à tester. Identifiez ce que vous devez apprendre, les personnes à rencontrer et les moyens disponibles. Une première expérience limitée vous permettra de vérifier votre intérêt et de préciser les conditions nécessaires pour poursuivre.

Si vous prenez une fonction de direction, clarifiez les attentes et les responsabilités avant de multiplier les initiatives. Votre envie d’agir gagnera à s’appuyer sur une compréhension du contexte.

En été, préserver les conditions de votre engagement

Prenez le temps d’identifier ce qui contribue à vos résultats : vos compétences, la coopération de votre équipe, les ressources disponibles ou encore les choix d’organisation ?

Examinez aussi votre charge. Si le développement de l’activité repose sur votre disponibilité permanente, précisez ce qui pourrait être délégué, partagé ou organisé autrement. Profiter de cette période implique de préserver les conditions qui la rendent satisfaisante.

En automne, faire un bilan avant de décider

Distinguez ce que vous souhaitez conserver, faire évoluer et arrêter. Appuyez-vous sur des situations concrètes : les activités qui vous intéressent encore, les responsabilités qui vous pèsent, les conditions dans lesquelles vous travaillez le mieux.

Ce bilan peut conduire à ajuster votre périmètre, votre rythme ou votre manière de diriger. Il peut aussi ouvrir une réflexion sur une nouvelle orientation. Examinez ces possibilités à partir de critères comparables : intérêt du travail, autonomie, contraintes et conséquences pour votre entourage professionnel et personnel.

En hiver, organiser un temps moins intense

Dans la mesure de vos possibilités, limitez les engagements supplémentaires et réservez du temps sans objectif immédiat de production. Vous pouvez maintenir des échanges avec des personnes de confiance et noter ce qui retient progressivement votre intérêt.

Si vous restez en responsabilité, précisez ce qui doit être assuré, partagé ou reporté. Le besoin de recul demande des ajustements concrets pour devenir compatible avec le fonctionnement de votre organisation.

Le mot « hiver » ne permet pas d’expliquer toute difficulté : une surcharge, un conflit ou une dégradation des conditions de travail doivent aussi être examinés pour eux-mêmes.

À retenir

  • Printemps : vous retrouvez l’envie d’explorer, d’apprendre et de commencer.
  • Été : vous êtes engagé dans votre activité et constatez les résultats de votre travail.
  • Automne : vous ressentez le besoin de faire le bilan et de revoir certains engagements.
  • Hiver : vous avez besoin de réduire l’intensité, de récupérer et de réfléchir.

Votre saison professionnelle ne dicte pas une décision. Elle vous aide à examiner si ce que vous exigez de vous-même correspond à vos besoins actuels. Cette réflexion prend tout son sens lorsqu’elle débouche sur des ajustements compatibles avec vos responsabilités et vos contraintes.

Pour aller plus loin : 3 questions de coach

  1. Parmi les quatre saisons professionnelles, laquelle correspond le mieux à ce que vous vivez aujourd’hui ? À quels signes concrets le reconnaissez-vous ?
  2. Qu’attendez-vous actuellement de vous-même, et en quoi ces attentes tiennent-elles compte de vos besoins réels ?
  3. Quel ajustement de votre rythme, de vos engagements ou de vos responsabilités pourriez-vous envisager dans le mois qui vient ?
Magalie Vernet-Hanotaux, coach professionnelle et consultante

À propos de l’autrice

Magalie Vernet-Hanotaux est coach professionnelle et consultante auprès des dirigeants et des organisations.

Elle accompagne les dirigeants d’entreprise, cadres dirigeants et responsables d’organisation, dans les secteurs privé et public, lorsqu’ils doivent prendre une décision sensible, déléguer davantage, prendre une nouvelle fonction, faire évoluer leur posture ou conduire une transformation.

Après seize années à des fonctions de direction, elle associe coaching professionnel, communication stratégique, dynamiques collectives et transformation des organisations.

Pour aller plus loin

Lorsque votre rapport au travail évolue et que vous avez du mal à déterminer ce dont vous avez besoin, le coaching de dirigeant offre un espace pour examiner votre situation, vos contraintes et les ajustements possibles.

J’accompagne les dirigeants dans ces périodes en articulant leur réflexion personnelle avec la réalité de leurs responsabilités. L’objectif est de préciser ce qui doit évoluer, d’examiner les options et de préparer des décisions cohérentes avec leur situation.

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Pour prolonger ces sujets, recevez La Boussole du dirigeant, une lettre pour prendre du recul sur vos décisions et votre pratique de direction.