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La boussole intérieure : comprendre ses émotions pour éclairer ses choix professionnels

La boussole intérieure : comprendre ses émotions pour éclairer ses choix professionnels

Comprendre ses émotions face à un choix professionnel : l’histoire de Léa et cinq questions pour préciser ses attentes, vérifier les faits et préparer sa décision.

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La boussole intérieure : comprendre ses émotions pour éclairer ses choix professionnels

Vous terminez un entretien pour une nouvelle fonction avec enthousiasme. Les missions vous intéressent, les échanges ont été francs et vous vous imaginez déjà travailler avec cette équipe. Le lendemain, le doute apparaît : les déplacements, les attentes de la direction, la place que vous devrez trouver. Vous relisez la proposition avec un regard différent.

Ces réactions successives peuvent compliquer votre réflexion. Laquelle écouter ? Que révèlent-elles de vos attentes ? Sur quels éléments vous appuyer pour décider ?

L’expression « boussole intérieure » désigne ici l’attention que vous portez à vos émotions, à vos priorités et à vos convictions. Elle constitue un support de réflexion pour comprendre ce qui compte dans votre situation professionnelle.

Vos émotions méritent votre attention. Pour éclairer une décision, examinez les circonstances qui les suscitent, les interprétations qui les accompagnent et les faits dont vous disposez.

SOMMAIRE

01Que désigne la boussole intérieure ?

02L’histoire de Léa : comprendre ce qui la retient

03Ce que les émotions de Léa permettent de comprendre

04Relier vos attentes aux conditions réelles de votre choix

05Avancer sans attendre que toute hésitation disparaisse

Que désigne la boussole intérieure ?

L’expression « boussole intérieure » désigne ici l’attention que vous portez à vos émotions, à vos attentes et à vos convictions lorsque vous examinez un choix professionnel. Elle propose une manière de réfléchir à votre situation, sans prétendre pour autant qu’une réponse certaine existe déjà en vous.

Vous pouvez ressentir de la joie à l’idée d’une nouvelle mission, de la tristesse en envisageant de quitter votre équipe ou de la peur face à une responsabilité inconnue. Chacune de ces réactions mérite un examen attentif.

L’histoire de Léa permet de suivre ce travail progressivement. À chaque étape, une question vous invite à revenir à votre propre situation.

L’histoire de Léa : comprendre ce qui la retient

Ce récit fictif propose un support de réflexion sur les émotions qui accompagnent un choix professionnel.

Une question qu’elle repousse

Léa referme son ordinateur après une réunion de direction. Elle a présenté son dernier projet, répondu aux questions et obtenu les arbitrages nécessaires. La journée s’est bien passée. Elle éprouve pourtant une lassitude qu’elle connaît de mieux en mieux.

Elle dirige ce service depuis sept ans. Elle apprécie son équipe, maîtrise son métier et sait que ses collègues comptent sur elle. Lorsqu’on lui demande comment elle va, elle répond qu’elle a beaucoup de travail.

Depuis quelques semaines, Marc, un ancien collègue, lui propose d’échanger sur un poste dans une autre organisation qui pourrait l’intéresser. Elle a lu son message plusieurs fois sans répondre.

« Qu’est-ce qui me retient de lui répondre ? »

Elle pense d’abord au manque de temps. Puis elle reconnaît son inquiétude. En effet, répondre à Marc donnerait une place concrète à une question qu’elle préfère encore laisser ouverte : dois-je partir ?

Pour vous : quelle conversation repoussez-vous actuellement concernant la suite de votre trajectoire professionnelle ? Que craignez-vous qu’elle vous oblige à examiner ?

Des émotions qui semblent se contredire

Le lendemain, Léa accepte finalement un échange avec Marc pour découvrir les contours du poste qu’il lui propose. En imaginant les projets qu’elle pourrait conduire dans cette organisation et les nouveaux partenaires avec lesquels elle travaillerait, elle éprouve de la joie. Elle commence à noter quelques idées avec enthousiasme.

Puis elle pense à son équipe actuelle. Deux collaborateurs viennent de prendre de nouvelles responsabilités. Elle leur a promis de les accompagner. Elle se sent coupable d’envisager un départ : elle craint de manquer à son engagement envers eux.

Une autre pensée parasite son enthousiasme : « Et si cette nouvelle fonction ne me convenait pas ? » Léa ressent de la peur à l’idée de quitter une situation connue et confortable, et de regretter son choix.

Ces différentes émotions accompagnent la même décision, mais chacune concerne un aspect différent. Léa décide de les examiner toutes trois plus attentivement : Qu’est-ce qui l’attire vraiment dans ce nouveau poste ? Qu’estime-t-elle devoir à ses collaborateurs ? Quels risques souhaite-t-elle vérifier ?

Elle ne sait pas encore ce qu’elle décidera. Mais elle comprend mieux les questions que son choix soulève.

Pour vous : nommez les émotions que vous éprouvez face à votre décision. Pour chacune, complétez cette phrase : « Je ressens… lorsque je pense à… »

Vous pourrez ensuite examiner séparément les préoccupations qui apparaissent. Et surtout, considérez-les toutes avec la même importance, à ce stade de votre réflexion.

Ce que son inquiétude lui rappelle

Léa rappelle Marc pour confirmer certains points et obtenir des réponses à ses inquiétudes. La conversation confirme son intérêt, jusqu’au moment où il évoque une équipe qui reste à constituer et des objectifs déjà ambitieux.

Elle se crispe. Elle connaît cette configuration. Dans une précédente fonction, elle avait compensé pendant des mois des recrutements retardés, au prix de soirées de travail et d’une disponibilité permanente.

Sur le trajet du retour, elle pense : « Cela va recommencer. »

Elle dispose encore de peu d’informations sur les moyens du projet. Son expérience l’alerte, mais elle doit vérifier si les conditions ressemblent réellement à celles qu’elle a connues.

Elle prépare trois questions sur les recrutements, le calendrier et les priorités pendant la phase de lancement.

Pour vous : choisissez une pensée qui alimente votre inquiétude, par exemple : « Je vais devoir tout assumer seul. » Notez les faits qui soutiennent cette idée, et distinguez-les de ce que vous supposez. Quelle influence votre expérience passée exerce-t-elle sur votre lecture de la situation ?

Un premier échange qui change la réflexion

Quelques jours plus tard, Léa pose ses questions au responsable du recrutement. Certaines réponses la rassurent. Deux postes disposent déjà d’un budget. Un troisième reste soumis à validation.

Elle demande alors ce qui se passerait si ce recrutement tardait. Son interlocuteur reconnaît qu’il faudrait revoir une partie des objectifs. Léa souhaite approfondir ce point lors d’un prochain entretien.

Elle revient également à sa préoccupation pour son équipe actuelle. Elle commence à distinguer ce qu’elle pourrait préparer dans une passation et ce qui relève de la responsabilité de son organisation.

La culpabilité reste présente. Mais elle peut désormais réfléchir à des engagements précis, au lieu de se demander indéfiniment si elle a le droit de partir.

Pour vous : à partir des informations recueillies, formulez une condition nécessaire pour vous engager : « Pour accepter cette responsabilité, j’ai besoin que… » Précisez ensuite ce que vous pouvez préparer vous-même et l’engagement que vous attendez de votre interlocuteur.

Une décision encore ouverte

À la fin de la semaine, Léa n’a accepté aucun poste. Elle a rencontré un dirigeant, précisé plusieurs conditions et identifié les points qui restent incertains.

En relisant ses notes, elle remarque que son inquiétude a changé. Elle porte désormais sur des questions qu’elle peut discuter concrètement : les moyens disponibles, le rythme de travail et la préparation d’un éventuel départ.

Elle veut poursuivre les échanges. Avant de s’engager, elle a besoin de rencontrer l’équipe et de clarifier les objectifs des premiers mois.

Elle pourra accepter, négocier ou renoncer. Sa prochaine démarche doit lui permettre de mieux comprendre ce qu’elle choisit.

Pour vous : où en êtes-vous désormais : poursuivre les échanges, négocier certaines conditions, renoncer à cette possibilité ou différer votre décision ? Précisez ce qui justifie votre choix et la date à laquelle vous souhaitez le confirmer.

Ce que les émotions de Léa permettent de comprendre

Au début, Léa interprète son hésitation comme une difficulté à se décider. En prenant le temps de décrire ses émotions et ses réactions, elle distingue plusieurs questions qui demandent des réponses différentes :

  • son enthousiasme face à un nouveau projet l’encourage à poursuivre les échanges
  • son inquiétude l’amène à examiner les moyens disponibles
  • sa culpabilité envers l’équipe ouvre une réflexion sur la passation et les responsabilités de chacun.

Vous pouvez reprendre cette démarche lorsqu’une décision vous semble confuse. Pour chaque émotion, précisez ce qui la suscite dans la situation envisagée. Vous pouvez éprouver de la joie à l’idée des nouvelles missions, de la peur face aux exigences du poste et de la culpabilité à l’égard de l’équipe que vous quitteriez.

Vous pourrez alors examiner chaque point séparément : vérifier l’intérêt réel des missions, clarifier les moyens disponibles et préparer les conditions d’une passation. Votre décision tiendra ainsi compte des différents aspects de la proposition.

Examiner la peur sans présumer de sa signification

Une inquiétude peut révéler des besoins très différents : un besoin de formation, une information manquante ou une difficulté déjà rencontrée ? Pour la comprendre, précisez ce que vous craignez. De manquer de compétences ? De perdre un revenu ? De retrouver une organisation dans laquelle vous ne pourrez pas exercer correctement votre fonction ?

Ces préoccupations appellent des démarches distinctes : évaluer un besoin de formation, préparer les conditions matérielles du changement ou clarifier les moyens associés au poste.

Donner aussi une place à l’enthousiasme

L’enthousiasme mérite la même attention. Qu’est-ce qui vous attire précisément : les missions, les interlocuteurs, la reconnaissance, l’autonomie ou la possibilité de quitter votre situation actuelle ?

Vous pouvez apprécier sincèrement une proposition tout en ayant besoin d’en vérifier certains aspects. Le travail sur votre fil d’or professionnel peut vous aider à reconnaître les contributions que vous avez envie de poursuivre dans cette nouvelle fonction.

Relier vos attentes aux conditions réelles de votre choix

Comprendre son émotion permet parfois de formuler une attente jusque-là imprécise. Peut-être souhaitez-vous davantage de liberté, une coopération plus fiable ou encore des responsabilités mieux définies.

Donnez ensuite une forme concrète à cette attente.

« J’ai besoin d’autonomie » peut devenir : « Je souhaite connaître les décisions que je pourrai prendre sans validation supplémentaire. »

« Je veux préserver ma disponibilité » demande de préciser le rythme de travail, les déplacements et les sollicitations attendues.

L’article sur les critères de choix d’un prochain poste vous aide à distinguer vos conditions indispensables, vos préférences et les points que vous pouvez négocier.

Lorsque les réponses de votre interlocuteur restent vagues, intégrez cette incertitude à votre réflexion. Votre travail personnel ne peut pas, à lui seul, résoudre un manque de moyens ou une responsabilité mal définie.

Avancer sans attendre que toute hésitation disparaisse

Léa vit des émotions différentes, mais en les écoutant, elle peut poursuivre son investigation avec des attentes plus précises.

Vous pouvez vous aussi choisir une action ciblée : demander une information, rencontrer une personne ou préciser une condition d’acceptation. Cette démarche doit vous permettre d’apprendre quelque chose d’utile.

Si vous envisagez de quitter votre fonction, le guide Quitter son poste : comment bien décider lorsqu’on est dirigeant ? vous aide à examiner les raisons de rester, les possibilités d’évolution et les conditions d’un départ.

Vous pouvez prendre vos émotions au sérieux tout en vérifiant vos interprétations. Ce travail de clarification vous aide à mettre des mots précis sur vos attentes et à préparer des échanges plus productifs.

Pour replacer cette réflexion dans l’ensemble de votre parcours, consultez le guide sur la transition professionnelle du dirigeant.

Magalie Vernet-Hanotaux, coach professionnelle et consultante

À propos de l’autrice

Magalie Vernet-Hanotaux est coach professionnelle et consultante auprès des dirigeants et des organisations.

Elle accompagne les dirigeants d’entreprise, cadres dirigeants et responsables d’organisation, dans les secteurs privé et public, lorsqu’ils doivent prendre une décision sensible, déléguer davantage, prendre une nouvelle fonction, faire évoluer leur posture ou conduire une transformation.

Après seize années à des fonctions de direction, elle associe coaching professionnel, communication stratégique, dynamiques collectives et transformation des organisations.

Vous souhaitez prendre du recul sur un choix professionnel ?

Vous envisagez une évolution de carrière, mais vos hésitations restent difficiles à comprendre. Vos responsabilités, vos attentes personnelles et votre attachement à l’organisation rendent votre décision complexe.

Je vous accompagne pour examiner ce qui se joue dans votre situation, préciser vos critères et confronter vos options aux conditions réelles de leur mise en œuvre. Nous préparons ensemble les démarches utiles à votre décision, dans un cadre confidentiel.

Pour approfondir la réflexion