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Méthode CHIRAC : construire un pitch en six étapes

Présentation d’un pitch professionnel structuré avec la méthode CHIRAC

La méthode CHIRAC organise le pitch en six étapes : Cadre, Histoire, Idée, Résumé, Action et Cadeau. Découvrez ses usages, ses limites et les situations où PSR ou le Golden Circle seront préférables.

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Présenter un projet en quelques minutes oblige à faire des choix. Que faut-il dire en premier ? Quelle place accorder à son parcours ? Comment expliquer son offre sans entrer trop tôt dans les détails ? Et comment conclure sans laisser son interlocuteur se demander ce que l’on attend de lui ?

La méthode CHIRAC apporte une réponse structurée à ces questions. Elle organise le pitch en six étapes : Cadre, Histoire, Idée, Résumé, Action et Cadeau.

Cette trame peut être utile pour préparer une présentation développée et ne pas oublier une dimension importante du message. Elle ne convient cependant pas à toutes les situations. Un rendez-vous commercial, une présentation devant un jury et une rencontre professionnelle informelle n’appellent ni la même progression ni le même niveau de détail.

Comprendre la méthode CHIRAC permet donc de l’utiliser avec discernement, mais aussi de déterminer quand une structure plus directe, comme PSR, ou plus centrée sur la conviction, comme le Golden Circle, sera préférable.

Qu’est-ce que la méthode CHIRAC ?

La méthode CHIRAC est un moyen mnémotechnique qui aide à structurer une prise de parole autour de six composantes :

  1. Cadre : préciser la situation et donner des repères à l’interlocuteur.
  2. Histoire : présenter l’origine du projet ou un élément de parcours pertinent.
  3. Idée : formuler l’idée centrale et ce qu’elle apporte.
  4. Résumé : faire ressortir les messages essentiels.
  5. Action : expliquer ce qui est proposé concrètement.
  6. Cadeau : terminer par une ouverture utile pour l’interlocuteur.

Son premier intérêt tient à sa progression. Elle conduit du contexte vers la proposition, puis de la proposition vers la suite de la relation. Elle aide ainsi les personnes qui connaissent très bien leur sujet, mais qui éprouvent des difficultés à sélectionner et à ordonner les informations.

La méthode ne remplace toutefois pas le travail stratégique préalable. Avant de choisir une structure, il faut savoir à qui l’on parle, ce que cette personne doit comprendre et ce que l’on attend d’elle à la fin du pitch.

Les six étapes de la méthode CHIRAC

1. Cadre : situer la prise de parole

Le cadre donne immédiatement des repères. Il peut préciser votre identité, le projet présenté, le contexte de la rencontre ou l’objectif de votre intervention.

Cette étape doit rester courte. Une longue entrée en matière retarde l’arrivée du sujet principal et sollicite inutilement l’attention de l’auditoire.

Par exemple : “Je dirige une entreprise spécialisée dans la restauration de menuiseries anciennes. Je souhaite vous présenter une solution conçue pour préserver les éléments existants tout en répondant aux exigences actuelles du bâtiment.”

Le lecteur comprend qui parle, dans quel domaine et à propos de quoi.

2. Histoire : sélectionner ce qui éclaire le projet

L’histoire peut présenter l’origine d’une activité, un constat de terrain ou une expérience qui a conduit à développer la solution. Elle donne du relief au projet lorsqu’elle permet de mieux comprendre sa raison d’être.

Cette partie devient moins utile lorsqu’elle se transforme en biographie. Le parcours du porteur n’a sa place dans le pitch que s’il renforce la compréhension, la légitimité ou la singularité de la proposition.

Une question permet de faire le tri : qu’est-ce que cette histoire aide précisément mon interlocuteur à comprendre ?

Si la réponse reste incertaine, il est préférable de raccourcir cette séquence.

3. Idée : formuler le cœur de la proposition

L’idée constitue le centre du pitch. Elle exprime ce que vous avez compris d’une situation et la réponse que vous proposez.

Une formulation claire comporte généralement trois éléments :

  • le problème ou le besoin observé ;
  • la proposition apportée ;
  • la valeur créée pour la personne ou l’organisation concernée.

Les termes techniques, les détails du processus et la liste complète des prestations peuvent attendre. À ce stade, l’interlocuteur doit pouvoir saisir la logique du projet en quelques phrases.

4. Résumé : faire ressortir les points essentiels

Le résumé permet de consolider la compréhension. Il ne consiste pas à répéter l’intégralité du pitch. Il fait ressortir deux ou trois éléments que l’interlocuteur doit retenir.

Ces éléments peuvent concerner :

  • la spécificité de la solution ;
  • les résultats attendus ;
  • une preuve de faisabilité ;
  • un avantage déterminant pour l’interlocuteur.

Le résumé est particulièrement utile dans un pitch de plusieurs minutes. Dans un format très court, il peut alourdir la présentation et créer une répétition inutile.

5. Action : rendre l’offre concrète

À cette étape, vous précisez ce que vous faites réellement. Vous pouvez présenter le service, le produit, la démarche ou la première modalité de collaboration.

La formulation doit rester compréhensible pour une personne qui ne connaît ni votre métier ni vos méthodes. Elle doit également rendre visible le rôle de chacun.

Par exemple : “Nous commençons par un diagnostic des menuiseries existantes. Nous identifions ensuite les éléments qui peuvent être restaurés, ceux qui doivent être adaptés et les interventions nécessaires pour respecter les contraintes patrimoniales et techniques.”

Cette formulation permet de se représenter la démarche sans entrer dans son déroulement complet.

6. Cadeau : conclure par une ouverture utile

Le mot « cadeau » peut prêter à confusion. Il ne s’agit pas nécessairement d’offrir une remise, un échantillon ou une séance gratuite.

Cette dernière étape désigne plutôt ce que vous laissez à votre interlocuteur pour prolonger son intérêt : une perspective, une information utile, une proposition d’essai, une démonstration ou une prochaine étape clairement formulée.

Dans un contexte professionnel, cette conclusion peut simplement prendre la forme d’un appel à l’action : “Je vous propose d’examiner ensemble l’un de vos projets afin d’identifier les éléments qui pourraient être conservés et les économies envisageables.”

Une bonne conclusion indique ce qui peut se passer après le pitch. Elle reste proportionnée à la relation et à l’objectif de la rencontre.

Exemple de pitch construit avec la méthode CHIRAC

Voici un exemple fictif appliqué à une entreprise qui accompagne les PME dans la réduction de leur consommation énergétique.

Cadre

Je dirige Énergie Claire, un cabinet qui aide les PME industrielles à mieux comprendre et réduire leurs consommations d’énergie.

Histoire

Cette activité est née d’un constat réalisé sur le terrain : de nombreuses entreprises disposent de données, de factures et d’équipements de suivi, mais manquent de temps et de repères pour identifier les actions réellement prioritaires.

Idée

Nous transformons ces informations dispersées en un plan de réduction concret, hiérarchisé selon les économies possibles, le coût des interventions et leur délai de mise en œuvre.

Résumé

Notre approche apporte trois résultats : une lecture claire des consommations, des priorités partagées par la direction et les équipes techniques, et un plan d’action compatible avec les capacités d’investissement de l’entreprise.

Action

Nous réalisons d’abord un diagnostic à partir des données disponibles et d’entretiens avec les personnes concernées. Nous présentons ensuite les principaux gisements d’économie et construisons avec l’entreprise un plan d’action sur douze mois.

Cadeau

Si le sujet correspond à vos priorités actuelles, je vous propose un premier échange à partir de vos trois derniers relevés de consommation. Nous pourrons déterminer rapidement si un diagnostic approfondi serait utile.

Cet exemple montre l’intérêt de la progression. Il révèle aussi une difficulté : dans certaines situations, six séquences représentent une structure trop longue.

Les points forts et les limites de la méthode CHIRAC

La méthode CHIRAC apporte un cadre rassurant à la préparation. Elle permet de vérifier que le pitch présente un contexte, une idée, une offre et une suite possible. Elle convient bien aux présentations de plusieurs minutes, notamment lorsqu’il faut articuler un parcours, un projet et une proposition concrète.

Elle présente cependant plusieurs limites.

  1. La première concerne la longueur. Dans un tour de table ou une rencontre réseau, le cadre, l’histoire et le résumé peuvent occuper une place excessive.
  2. La deuxième tient au risque de centrer le discours sur le porteur de projet. Une histoire détaillée peut retarder l’expression du problème rencontré par le client, le partenaire ou l’organisation.
  3. La troisième concerne l’ordre des informations. Dans un contexte commercial, l’interlocuteur a souvent besoin de reconnaître rapidement sa situation avant d’écouter la solution. Une structure construite autour du Problème, de la Solution et des Résultats peut alors être plus efficace.

Enfin, les six lettres ne dispensent pas d’adapter le message. Une trame peut aider à penser, mais elle ne décide ni de l’angle, ni des preuves, ni du niveau de détail pertinent.

CHIRAC, PSR ou Golden Circle : quelle structure choisir ?

Les trois méthodes ne répondent pas au même besoin.

Choisir CHIRAC pour une présentation complète

La méthode CHIRAC est adaptée lorsque vous disposez de plusieurs minutes et devez présenter progressivement le contexte, l’origine du projet, l’idée, l’offre et la suite attendue.

Elle peut convenir à une présentation devant un jury, à la restitution d’un projet ou à une intervention dans laquelle votre parcours contribue à établir votre légitimité.

Choisir PSR pour rendre la valeur immédiatement lisible

La méthode PSR organise le message autour de trois éléments : Problème, Solution et Résultats.

Elle est particulièrement utile dans un contexte commercial ou partenarial. Elle permet à l’interlocuteur de reconnaître rapidement la situation traitée, de comprendre la réponse proposée et de se représenter les bénéfices attendus.

PSR constitue le noyau argumentatif du pitch. Selon le contexte, il faut lui ajouter une accroche, une présentation, des preuves et un appel à l’action.

Choisir le Golden Circle pour exprimer une conviction

Le Golden Circle, popularisé par Simon Sinek, suit une autre logique : Why, How, What. Il part de la conviction ou de la raison d’agir, présente ensuite la manière particulière de la mettre en œuvre, puis décrit l’offre ou le projet concret.

Cette structure est pertinente lorsque le sens du projet, l’engagement du porteur ou la vision proposée jouent un rôle déterminant dans l’adhésion. Elle peut être utile pour présenter un projet entrepreneurial, culturel, social ou de transformation.

Elle demande toutefois de formuler un Why précis. Une déclaration générale sur les valeurs ou la volonté de « changer le monde » affaiblit le message lorsqu’elle ne se traduit pas dans une manière d’agir identifiable.

La structure reste au service de l’intention

Avant d’écrire votre pitch, posez cinq questions :

  1. À qui vais-je parler ?
  2. Que connaît déjà cette personne de mon sujet ?
  3. Que doit-elle comprendre ou retenir ?
  4. Quelle décision ou quelle action est attendue ?
  5. De combien de temps est-ce que je dispose ?

Les réponses permettent de choisir une structure, mais aussi de la modifier. Vous pouvez utiliser CHIRAC comme grille de préparation, resserrer le cœur du message avec PSR et mobiliser le Golden Circle pour clarifier la conviction qui porte votre projet.

Construire un pitch adapté à votre situation

La formation Construire un pitch clair, stratégique et convaincant vous aide à clarifier votre message, à choisir la structure pertinente et à construire plusieurs versions de votre pitch selon votre objectif, votre interlocuteur et le temps disponible.

Vous y travaillez notamment les méthodes PSR et Golden Circle, la formulation de votre proposition de valeur, l’adaptation du message et la présentation orale.

Magalie Vernet-Hanotaux, coach professionnelle et consultante

À propos de l’autrice

Magalie Vernet-Hanotaux est coach professionnelle et consultante auprès des dirigeants et des organisations.

Elle accompagne les dirigeants d’entreprise, cadres dirigeants et responsables d’organisation, dans les secteurs privé et public, lorsqu’ils doivent prendre une décision sensible, déléguer davantage, prendre une nouvelle fonction, faire évoluer leur posture ou conduire une transformation.

Après seize années à des fonctions de direction, elle associe coaching professionnel, communication stratégique, dynamiques collectives et transformation des organisations.

Pour ouvrir la réflexion

La méthode PSR : Problème, Solution, Résultat

Pour présenter clairement un problème, votre solution et ses résultats, appuyez-vous sur la méthode PSR.

Construction d’un pitch avec la méthode Golden circle : Why How What

Pour relier votre conviction, votre manière d’agir et votre offre, explorez le Golden Circle.

Choisir une méthode pour structurer un pitch professionnel

Pour choisir une structure selon votre objectif, votre interlocuteur et le temps disponible, consultez la méthode pour construire votre pitch.